Comme l’arbalète, l’acier, la poudre à canon ou l’imprimerie, l’Internet est un accélérateur de civilisation. C’est le prochain champ de bataille qui va modifier notre univers ; malheureusement, la classe politique ne l’a pas encore compris.

L’Internet que nous utilisons aujourd’hui est un Internet de deuxième génération. Cet Internet 2 est devenu une place publique qu’utilisent plus du quart des citoyens de cette planète pour communiquer ou s’informer. C’est un espace à la fois civique, professionnel ou personnel (voir ci-dessous) où l’usager a accès à une foule d’applications qui lui permettent de circuler entre le local et le mondial. C’est un espace hybride où les informations et les services sont offerts via trois types d’images-écrans interactives : le téléviseur, l’ordinateur et le mobile :

Aujourd’hui, Internet est surtout devenu une machine à faire des sous, un système qui enrichit quelques grands propriétaires (Big Four, GAFA, Frightfull five, etc.). C’est en détournement, car à l’origine (en 1995) il devait devenir un système de communication pour et par les citoyens. Cela a une conséquence : tout le monde reconnaît son importance, mais pas pour les bonnes raisons.
Internet est à la fois :

  • une technologie (un amalgame de systèmes d’adresses, de techniques de médiatisation, de réseaux de diffusion, de traitement numérique, etc. ) ;
  • une économie (un support à la Net Economy) ;
  • une culture (un système d’intervention, donc éventuellement de contrôle sociopolitique) :

Repères
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L’Internet est une nouvelle interface qu’on a placée entre le citoyen et son monde. Ce système offre des informations au citoyen qui décide ensuite ce qu’il fera :
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On demeure surpris que cette interface, si importante pour la suite du monde, soit actuellement confiée à des entreprises privées qui ne pensent qu’à leurs profits.

L’Internet que nous utilisons aujourd’hui est l’Internet 2, un Internet de transition :

  • L’Internet 1 fut celui de l’implantation dans le milieu, donc de l’informatisation des communications et de la recherche d’une plus grande productivité.
  • L’Internet 2 est celui des applications, surtout mobiles, donc de la recherche d’un modèle économique viable.
  • L’Internet 3 sera celui des services, c’est-à-dire d’une socialisation des échanges et de leur banalisation.

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Avec l’Internet 2 actuel, nous passons d’un réseau de réseaux informatiques vers une place publique électronique où les citoyens peuvent désormais prendre la parole. Pour la première fois de l’histoire, les citoyens ont accès à un espace de communication qui n’est pas contrôlé par la classe politique (chapitre 7, no 7) ; tandis que les grands patrons de l’Internet édifient des empires de services privés qui pourraient devenir un jour les « maîtres du monde » (chapitre 6, no 4)

Des automatismes mécaniques
aux échanges humains

Cela veut dire que nous passons des protocoles industriels et anonymes à des prises de position individuelles devenant la plupart du temps des opinions. Internet devient ainsi, peu à peu, un outil d’influence autant sociopolitique qu’économique :
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Internet devient le 8e continent.
(Les sept continents : Asie, Afrique, Amérique du Nord, Amérique du Sud, Europe, Océanie, Antarctique).

Une analyse comparant les communications de machines à machines avec les communications de personnes à personnes révèle la progression de l’intelligence artificielle durant les derniers cinquante ans. (D’autres auteurs parlent de First, Second and Third Machine Age) :
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Ce schéma fait apparaître plusieurs tendances :

  • Avec les années, les processus deviennent de plus en plus visuels, interactifs et immersifs.
  • Nous quittons le domaine du développement du matériel (hardware) pour nous intéresser de plus en plus aux aspects humains.
  • Que ces études, qui analysent actuellement l’individu devront s’intéresser éventuellement aux communautés et groupes d’intérêts à la recherche de consensus (hypothèse du développement probable des réseaux sociaux de 2e génération). Dans certains milieux anglophones, on parle de Civic Tech, de Cultural engineering, etc.
  • La chaîne données-informations-connaissances-actions devient de plus en plus opérationnelle (schémas au chapitre 1).