L'information

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L’information

Nous commençons à vivre dans une société de la connaissance qui est ethnocentrée par rapport à l’ancienne société industrielle qui était technocentrée. Si la société industrielle a surtout produit des objets, la société de la connaissance va surtout générer de nouvelles relations entre les acteurs sociaux.

Cette société est marquée par :
  • un courant d’uniformisation technologique créé par la standardisation des réseaux électroniques planétaires ;
  • par l’apparition de nouvelles écritures médiatiques qui modifient le type de communication utilisé par les acteurs de la société (chapitre 5, no 9) ;
  • par la très grande rapidité des échanges électroniques qui accélère le rythme des activités humaines ;
  • par l’incitation à la prise de parole citoyenne suscitée par l’émergence des réseaux sociaux (chapitre 7, no 7).

Si la connaissance mondiale a doublé tous les 9 ans, l’humanité a produit durant les derniers dix ans plus de connaissances que durant les 7 000 dernières années de son histoire.

Quand on partage un bien matériel, on le divise.
Quand on partage un bien immatériel, on le multiplie.

Serge Soudoplatoff

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How it is we have so much information, but know so little.

Noam Chomsky.

L’information ressemble à un oignon. Elle est au cœur d’un processus où elle peut devenir connaissance et savoir, donc décision. Si elle devient opinion, toujours dans un contexte culturel donné, elle devient une énergie capable de bousculer l’environnement. Dans la nouvelle société de la connaissance qui émerge, l’information est numérisée et diffusée par Internet :

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Non seulement cet oignon se subdivise-t-il en plusieurs strates (la chaîne donnée-information-connaissance du schéma 5), mais il se fragmente aussi en plusieurs domaines d’activités, au point où l’organisation de ceux-ci devient, elle aussi, très différente : management, gouvernance, intelligence ou veille, administration, processing, etc. :  022

Les bonds

Le schéma ci-dessous nous décrit le passage, aux États-Unis de l’ère agricole à l’ère industrielle, puis à celle des services et, finalement, de l’information numérique (entre 1860 et 1990) :

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Repères
En 2015, il y avait 3,2 milliard d’utilisateurs qui avaient accès à 971 millions de sites web.
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En fait, les supports au traitement de l’information ont connu quatre grands bonds (1960, 1980, 1990 et 2000) et vont bientôt en connaître un cinquième, les néotechnologies (2020 ?), tous décrits plus loin :

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Des transitions importantes
Durant les dernières cinquante années, le flot d’informations dans la société a connu des mutations majeures :

  • Le type de lecteur : des publics de masse aux niches.
  • Le type d’information mis en circulation : de quelques textes écrits et validés à un flot d’images-écrans non validées.
  • Le type de TI : des médias de masse au cyberespace :

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En fait, deux révolutions (dans le sens d’évolution accélérée) sont en cours (voir ci-haut) :

  • Spectacles (infotainment)
    Cette bulle du contenu est créée par le courant de personnalisation qui atomise les choix du téléspectateur. Cette surabondance a quatre sources :

    1. La vieille télévision, c’est-à-dire les réseaux généralistes (aux États-Unis : CBS, NBC et ABC).
    2. Les fictions, c’est-à-dire les séries créées par ou pour les chaînes câblées (exemples américains : The Voice, Dancing with the Stars).
    3. Les minichaînes spécialisées qui occupent divers créneaux : voyages, animaux, gastronomie (comme HBO, Showtime, etc.)
    4. Les plateformes en ligne comme Netflix ou Amazon (Apple bientôt) qui vendent par catalogues et abonnements. Exemple de Netflix (1997) qui, en 18 ans, est devenu l’un des principaux producteurs et diffuseurs de contenus de la planète (occupant 30 % de tout le trafic Internet en Amérique du Nord). Il offre aussi les contenus de Disney, de Pixar et de Lucas Film. Il est offert dans 17 langues dans 190 pays (70 millions d’abonnés, dont la moitié aux États-Unis).
  • Services (échanges sociaux avec d’autres usagers)
    Aux applications de première génération centrées sur le »JE », les « amis » et les réseaux sociaux de première génération succèdent maintenant celles qui permettent une plus grande mutualisation des informations, c’est-à-dire une réorganisation de nos informations personnelles, donc de notre image individuelle. Elles s’appuient sur le courant de personnalisation, c’est-à-dire sur les niches de proximité géographique ou thématique (musiciens, poètes, graphistes, etc.) (Voir le modèle économique de proximité au chapitre 6, page 19). Actuellement, elles rejoignent la presque totalité des adolescents via les tablettes et téléphones intelligents. Elles annoncent l’arrivée de la prochaine génération : les Civic Tech.

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