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Un nouvel Internet

Internet n’est plus le réseau de réseaux électroniques de ses débuts. Il est maintenant devenu LE réseau de communication prédominant de la planète :

Pour le citoyen : il devient à la fois son bureau de poste (courriels), son téléphone (chat), son journal (l’écran affichant les nouvelles), son dictionnaire (Google), une salle de cinéma (Netflix et HBO), etc.

Pour le travailleur de l’information : il fournit à la fois les outils (logiciels et plus d’un million d’applications) et les espaces de travail (clouds).

Pour les jeunes : il est l’endroit où ils explorent le monde et comprennent ses règles ; l’espace où se forge leur personnalité. Actuellement, c’est un lieu de liberté incomparable, malheureusement menacé par l’espionnage gouvernemental américain (NSA).

L’Internet change parce qu’il obéit à un nouvel ensemble de lois. L’Internet 1 s’est structuré à partir du principe de massification, celui des quantités toujours de plus grandes, tandis que l’Internet 2, et bientôt le 3, réagira à celui de la segmentation, c’est-à-dire de la qualité des niches, donc des spécialités et des proximités (chapitre 6, no 19 [1]). L’Internet 1 obéit à la loi de Moore, tandis que les Internet 2 et 3 vont obéir à celle de Metcalfe (Chapitre 6, no 6 : les forces de changement [2]). On connaît ses bonds historiques :
071 [3]
072 [4]

History of the Internet


Balkanisation d'Internet
L’Internet connaît présentement une mutation : il n’existe presque plus comme entité planétaire et va se balkaniser parce que les forces numériques baissent pavillon devant les forces économiques et politiques :

  • l’espionnage des citoyens par la NSA et autres institutions cachées (l’affaire Snowden – voir les Cinq Yeux, chapitre 6, page 17 [5]) ;
  • le logiciel libre Heartbleed, qui révèle d’importantes failles de sécurité ;
  • son administration américanocentrée par l’ICANN (voir les récentes réactions du NetMundial) ;
  • les logiciels propriétaires imposés par les grands consortiums et les contenus bloqués géographiquement (Tou.tv, BBC, etc.) ;
  • l’arrivée des réseaux mobiles, où les applications et services ne sont plus pareils, de même que les nombreux réseaux de machines à machines qui verront le jour avec l’Internet des objets ;
  • la fin de la neutralité du Net, qui fait émerger un Internet à deux vitesses (FCC, mai 2014) ;
  • l’apparition du Web invisible (DeepWeb, DarkNet). Etc.

L’Internet est à la fois une technologie,
une économie et des contenus

A- Une technologie

Ce réseau de réseaux devient à présent une place publique planétaire et, bientôt, un Internet de services :

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Actuellement, il y a 2,7 milliards d’utilisateurs d’Internet dans le monde (39 % de la population mondiale en 2013), avec un taux de pénétration de 75 % en Europe et de 61 % en Amérique. Selon l’UIT son taux de pénétration en 2013 était de 9 % dans le monde ; le voici par pays :

Grande-Bretagne 87 % France 83 % Italie 58 %
Canada 87 % É.-U. 83 % Russie 53 %
Allemagne 84 % Japon 79 % Brésil 50 %
Corée du Sud 84 % Espagne 72 % Chine 46 %

Voici une carte du réseau des réseaux
(Par Nicholas Rapp pour le Magazine Fortune) :
075 [7]
Une carte du flux des échanges de données entre les pays révèle le rôle important que jouent actuellement les États-Unis, notamment parce que ce sont les pionniers de ce domaine et que ce sont encore eux qui investissent le plus dans cet écosystème :  076 [8]

Autre exemple : la câblodistribution 022 [9]

B- Une économie

Dans le domaine commercial, la massification a poussé les petites entreprises à s’auto-organiser pour avoir accès aux profits annoncés par la mondialisation naissante. À partir de l’acceptation planétaire du protocole Internet (1995), des consortiums apparaissent grâce à une déréglementation tous azimuts par la classe politique. Devenus des oligarchies, ils sont aussi devenus trop lourds et gangrenés par la financiarisation ; on assiste à l’implosion des dot-com (2000) et aux multiples scandales (Enron 2001, Fannie Mae et Freddie Mac 2006, etc.) qui conduisent le modèle néolibéral actuel vers un cul-de-sac (2008).

La Net economy émergente dématérialise la production et la distribution (Amazon 1994, eBay 1995) et suscite de nouvelles architectures de diffusion de type briques et clics. Puis, l’apparition du mobile et du géoréférencement crée une segmentation qui fait maintenant émerger des millions de niches :
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La croissance quasi exponentielle des utilisateurs d’Internet est responsable de celle des sites Web :

Croissance
1993 500
1994 2 000
1995 20 000
1998 4 200 000
2000 21 000 000
2005 70 000 000
2008 178 000 000
2011 315 000 000

À cette massification succède maintenant une segmentation : le Web se fragmente en quatre domaines : militaire, commercial, académique et social (voir no 11 [11]), lesquels offrent aujourd’hui plus d’un million d’applications à plus de deux milliards d’usagers :
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Voici à quoi ressemble, à un moment précis, l’échange des contenus dans le cyberespace :
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Les facteurs de changement

Un passage sociétal s’amorce d’abord vers 1700, lors de la première révolution industrielle, quand différents facteurs de changement commencent à influencer le développement de la société d’alors (le fer, le charbon, l’acier, dans le schéma ci-dessous) et vont susciter des catalyseurs qui amplifieront la croissance : le coton, la machine à vapeur, le chemin de fer.

Au début, les facteurs furent d’ordre physique. Puis, avec la deuxième révolution industrielle, ce sont les circuits électroniques qui vont modifier la société. Une transition se développe entre l’an 2000 et 2010, quand l’Internet 2 commence à faire émerger la nouvelle société de la connaissance avec son nouveau vecteur : l’information.

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