Table des matières

  1. Les questions
    1. Un monde qui change
    2. Un monde en rupture
    3. Un monde en colère
    4. Un monde qui connaît actuellement un bond
    5. Un nouveau Nouveau Monde
    6. Les questions
    7. En attendant ?
    8. La bibliographie
  2. L'information
    1. Pourquoi ?
    2. L’information
    3. Un être informivore
    4. Les passages
    5. Sa complexité
    6. Sa dématérialisation
    7. Le « Big data »
    8. Information = énergie
    9. L’information comme outil de contrôle du réel
    10. L’information comme prise de décision
    11. L’information comme outil politique
    12. Les questions
    13. La bibliographie
  3. Le numérique
    1. Pourquoi ?
    2. La société numérique
    3. La logique des intelligences
    4. Le trou de mémoire
    5. L’approche « smart »
    6. Le Long data
    7. L’interactivité grand public
    8. Les passages
    9. Les empires numériques
    10. Les moteurs de recherche
    11. L’intelligence artificielle
    12. GAFA
    13. Les questions
    14. La bibliographie
  4. L'Internet
    1. Pourquoi
    2. Un nouvel Internet
    3. Pour le meilleur ou le pire
    4. Le rôle d’Internet
    5. Les trois étapes de son développement
    6. Ses passages
    7. L’évolution des contenus
    8. L’impact d’Internet sur la société
    9. L’Internet 2
    10. Les forces en présence
    11. Les quatre Web
    12. Une génération « smart »
    13. Les empires numériques
    14. Après le Cloud
    15. Les technologies de surveillance
    16. L’Internet des objets (IoT)
    17. Les robots
    18. L’espace
    19. Les questions
    20. La bibliographie
  5. La communication
    1. Une communication citoyenne
    2. Pourquoi ?
    3. Son fonctionnement
    4. La langue
    5. Un modèle médiatique économique
    6. La lecture d’une image-écran
    7. Une économie de l’attention
    8. La communication dans le passé
    9. La communication à l’ère de la société de la connaissance
    10. Les passages
    11. Une communication mobile (nomade)
    12. L’interface 3D
    13. Les questions
    14. La bibliographie
  6. La culture de l'image-écran
    1. Pourquoi ?
    2. Les cultures de l’écrit et de l’image-écran
    3. La civilisation de l’image
    4. De l’écrit à l’image-écran et au 3D
    5. La multiplication des images-écran
    6. L’écran du téléviseur
    7. L’écran de l’ordinateur
    8. L’écran du mobile
    9. Les nouvelles écritures médiatiques
    10. La schématique
    11. Les questions
    12. La bibliographie
  7. La société de la connaissance
    1. Pourquoi ?
    2. Une société de l’information
    3. Quel est notre avenir, avec Google ?
    4. Les prochains « Maîtres du monde »
    5. Les passages
    6. Les forces de changement
    7. La culture
    8. Les éléments qui ont provoqué la rupture
    9. Ses trois structures
    10. Ses cycles
    11. Les cinq crises
    12. Des architectures
    13. Des crises fonctionnant comme un jeu de domino
    14. Ses rouages
    15. Le modèle économique actuel
    16. La Net economy
    17. Une économie de la sécurité ?
    18. La société civile
    19. Un modèle économique de proximité sociale
    20. Les questions
    21. La bibliographie
  8. Le citoyen
    1. Pourquoi ?
    2. Un être solitaire
    3. Un être en mutation
    4. Les immigrants et les natifs
    5. Les passages
    6. L’identité numérique
    7. La prise de parole citoyenne
    8. La révolution feutrée
    9. Les compétences « smart » (ou la littératie numérique)
    10. Les réseaux sociaux
    11. Les questions
    12. La bibliographie
  9. La ville intelligente
    1. Pourquoi ?
    2. Intelligent = smart
    3. La ville intelligente
    4. La maison intelligente
    5. La poussée actuelle
    6. Les nouveaux espaces de connectivité
    7. La citoyenneté numérique
    8. Les applications
    9. La communication narrowcasting
    10. La prise de parole
    11. Les outils d’animation citoyenne
    12. La démocratie participative
    13. La bibliographie
  10. Un modèle de société
    1. Pourquoi ?
    2. À la recherche d’un bien-être
    3. L’interprétation du modèle
    4. La réorganisation sociétale actuelle
    5. Préparer l’avenir
    6. Des concepts qui sont anciens
    7. La bibliographie
Table des matières
Appendices

Les cinq crises

Notre société est confrontée à cinq crises simultanées. Cette simultanéité ressemble étrangement à la tempête parfaite ou à l’alignement des planètes où tout semble arriver en même temps et, ainsi, prendre une plus grande proportion.

Ce n’est pas une crise, c’est un changement de monde.

(Michel Serres, 2012).

La crise économique (schéma 20 )
    • Actuellement, le pouvoir se déplace d’un capital industriel vers un pouvoir financier. Les consortiums cessent d’être nationaux pour devenir internationaux, ce qui veut dire qu’ils fonctionnent avec leur propre logique et en profitent pour réclamer encore plus de dividendes.
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    • À peine 5% de la population mondiale (22 millions de personnes) accapare aujourd’hui 36 % de la richesse mondiale.
    • La spéculation et l’endettement se substituent à la productivité et à la croissance, empêchant actuellement les classes moyennes de progresser.
    • L’émergence de la Chine et de l’Inde, donc du BRIC, comme puissances économiques exige un réalignement des forces. La suprématie occidentale se dissout avec l’affaiblissement du G8, tandis que le nouveau G20 cherche encore sa légitimité. Allons-nous vers un G3 (Chine + États-Unis + Union européenne) ?

Le schéma ci-dessous révèle pourquoi le G7 ou 8 est devenu récemment le G20 : l’ajout du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine) dont les économies sont « montantes », il révèle aussi la montée de l’Internet des services :
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  • Les crises ne sont pas venues du système de marché, mais de l’avidité des grandes banques et de leurs algorithmes financiers.
  • Les diktats des agences américaines de notation qui évaluent toutes les entreprises de la planète selon le seul modèle américain.
  • La poussée d’un modèle économique basé sur la sécurité et la surveillance et développé par l’empire militaro-industriel américain lors de la guerre en Irak.
La crise écologique

Nous vivons à l’époque de l’Anthropocène, ainsi appelée parce ce sont les actions de l’être humain qui dominent maintenant le développement de notre planète.
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Pour certains, les climato-sceptiques par exemple, c’est une ère où il ne faut rien changer. Pour d’autres, cette époque pourrait susciter notre sixième extinction à cause de l’influence négative de plusieurs actions humaines :

  • le réchauffement climatique ;
  • la déforestation ;
  • la dégradation de la biodiversité ;
  • l’acidification des océans et leur pollution ;
  • les déchets radioactifs et les OGM ;
  • les grands fleuves entravés par des barrages ;
  • la surpêche du tiers des organismes marins ;
  • la moitié des ressources de l’eau mal gérée ;
  • les engrais agricoles qui sont à l’origine d’une trop grande quantité d’azote dans les sols, etc.

Le mur écologique se dressera contre toute
reprise économique éventuelle.

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En mai 2013, le taux de gaz à effet de serre a franchi un sommet jamais vu depuis 3,2 millions d’années. L’objectif, qui était de limiter le réchauffement à 2 degrés Celsius, est désormais hors de notre portée (Rapport GIEC, 2013). (Rencontre de Copenhague, Protocole de Kyoto et les Sommets de la Terre). Le réchauffement climatique va compromettre les récoltes alimentaires essentielles (riz, blé et maïs), changer le prix des aliments et modifier la quantité de la production du vin et des pêcheries, etc. (Rapport GIEC 2014). Nous pourrions atteindre 200 millions de réfugiés climatiques si aucune mesure significative n’est mise en œuvre d’ici 2020 (voir le dernier Rapport de l’Agence Internationale de l’Énergie, 2013).

L’utilisation du pétrole est une forme de pensée fossile
qui menace la vie sur Terre.

L’Anthropocène à commencé avec la première révolution industrielle (1700) ; c’est une subdivision de l’Holocène qui a commencé il y a environ 2 millions d’années. (L’homme « moderne » est né il y a 40 000 ans.) Les cinq premières extinctions furent :

5- extinction de la fin du Crétacée (50 millions d’années) ;
4- du Trias tardif (200 millions d’années) ;
3- la fin du Permien (250 millions d’années) ;
2- du Dévonien tardif (350 millions d’années) ;
1- de l’Ordivicien (450 millions d’années).

ecologie
The Economist, 18 avril 2015.
La crise énergétique
  • La moitié de l’humanité est menacée par le manque d’eau à l’horizon 2025 (Rapport de la Banque Mondiale, 2013). Nous pourrions subir des guerres axées sur le contrôle de cette ressource naturelle.
  • Les coûts d’extraction et de transport de l’énergie et des matières premières des pays du Sud deviennent trop élevés, au point d’empêcher leur relance économique.
  • La plupart des ressources sont pillées par quelques grands pays industrialisés. Après 2020, la planète ne suffira plus aux besoins de ses habitants.
La crise géopolitique
  • Les prises de parole citoyennes et l’absence de plan de société rendent de plus en plus difficile la gouvernance des États.
  • Les flux décisionnels autrefois orientés Nord-Sud, le sont dorénavant dans un axe Est-Ouest, notamment à cause de l’émergence de Chine. Voici comment un Chinois voit le monde :
    263
    The Economist

    Et voici comment un Américain voir le monde :

    The Economist, 29 juin, 2002
    The Economist, 29 juin, 2002.
  • L’ordre international est en train de se déséquilibrer. L’absence de structures politiques supranationales (comme celle de la mondialisation au niveau économique) empêche les points névralgiques de se résorber. Une mondialisation politique pourrait être organisée en réunissant le G20, le Conseil de sécurité de l’ONU, l’OMC et la Banque mondiale, par exemple.
La crise générationnelle
  • La démographie fait face à trois défis : le vieillissement de la population dans les pays industrialisés, les migrations Sud-Nord de personnes à la recherche d’un emploi et une urbanisation accélérée.
  • Les inégalités 15%-85% (et non pas les 1 % – 99 %) gangrènent l’équilibre sociétal ; on assiste à la montée de plusieurs colères sociales.
  • La colère des jeunes monte au fur et à mesure qu’ils évaluent l’héritage que leur laissent leurs aînés. Il n’y a plus de transferts intergénérationnels, donc de valeurs communes.
  • La montée du « Je » empêche de trouver des solutions qui devraient être collectives.

Les mégatendances qui se dégagent

:
06_Mega-tendances

Aaron David Miller a bien identifié les cinq « D » qui affaiblissent en ce moment la société états-unienne : le Déficit, la Dette, la Dysfonction du milieu politique, la Dépendance à l’égard des hydrocarbures et la Déterioration du système de l’éducation.

Les hommes n’acceptent le changement que dans la nécessité et ils ne voient la nécessité que dans la crise.

(Jean Monnet)

Ses cycles

La vie dans ces structures sera ponctuée par trois cycles qui varient dans le temps : un an et demi pour la structure technologique, trois ans pour l’économique et neuf ans pour le sociétal (voir la remarque de Braudel plus loin).

Ils sont l’équivalent des biorythmes du corps humain :

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Ces cycles complexifient la nouvelle société au point de la rendre beaucoup plus difficile à comprendre et, surtout, à gérer. C’est parce que les administrateurs actuels ne connaissent pas le calendrier des mutations des structures que leurs planifications sont souvent inadéquates.

La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles, mais d’échapper aux idées anciennes.

(John Maynard Keynes)

Les cycles technologiques

Les cycles technologiques donnent l’impression d’une vie plus frénétique causée par leurs cycles d’un an et demi (schéma 18). Parce que la vie semble plus trépidante à cause de l’arrivée de toutes ces « nouveautés », on a l’impression que la société actuelle vit à un rythme plus accéléré, ce qui est une illusion. En fait, c’est la densification des informations causée par la description de grandes quantités d’événements qui crée cette illusion chez le citoyen (voir chapitre 3, Big data).

Where are we going so fast… and why ?

(David Suzuki)

Les cycles économiques

De leur côté, les structures économiques évoluent selon des cycles d’à peu près 3 ans. Ceux-ci sont ponctués par les saisons, les tendances et les modes et régulés par les inventaires, la publicité, les politiques de crédit et les cycles d’investissements.

Les cycles sociétaux, donc médiatiques

Les structures politiques et sociales évoluent lentement, selon des cycles de 9 ans (c’est-à-dire deux mandats de gouvernance), d’où, notamment, l’impression de lenteur des prises de décisions gouvernementales. C’est aussi le temps requis par un citoyen pour changer de comportement.

La coexistence de ces trois cycles joue un rôle majeur dans notre société :

06_3-cycles

Voir les analyses de Fernand Braudel sur l’étagement des temporalités et l’interpénétration de ces étagements (Histoire, science sociale…, 1958).

Ses trois structures

Tout comme l’être humain qui a évolué, tout au long de son histoire, grâce au développement de son cerveau triunique formé de trois formations successives (chapitre 4), la société évolue grâce à trois structures qui se sont développées, elles aussi, successivement : les structures politique, économique et médiatique. À chaque changement, la société a choisi de se développer à partir d’un vecteur qui a donné le ton à cette période.

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La structure politique

Elle a comme vecteur le territoire. Elle a commencé à s’organiser il y a à peu près mille ans, soit depuis la fin du Moyen-Âge (schémas 10 et 11) et, depuis, les classes dirigeantes ont toujours régné à partir de leurs territoires.

Ses trois pouvoirs sont le législatif, l’exécutif et le judiciaire (schéma 19). Cette structure possède cinq leviers : les politiques monétaire, fiscale, commerciale, de services publics et de soutien du revenu. Elle repose sur le consentement de la population et cherche à s’appuyer sur les structures économique et médiatique. En théorie, la démocratie devrait être un système dans lequel les citoyens ont une emprise sur leur bien-être collectif.

Dans les faits, avec la transition en cours (depuis 2000-2010), la réalité du pouvoir a glissé vers les maîtres de la finance qui contrôlent tous les territoires via la mondialisation économique qu’ils ont réussi à imposer à toute la planète.

Actuellement, l’élite politique essaie de préserver ce système qui lui a accordé beaucoup de privilèges dans le passé. Elle ne propose que des solutions industrielles à des crises qui sont postindustrielles ; elle ne fait que proposer des demi-mesures pour donner l‘illusion qu’elle règle le problème. Elle ne dirige plus, elle ne fait qu’administrer son territoire, les yeux fixés sur ses sondages. La perception des nouveaux besoins est devenue tellement complexe qu’elle demande un niveau de préparation et d’expertise que ne possède plus la classe dirigeante actuelle.

La structure économique

Son vecteur est le capital. Elle s’est mise en place vers 1700, d’abord en Angleterre, puis dans le reste du monde industrialisé. Plusieurs innovations vont alors transformer une société qui était agraire et artisanale en une société industrielle et commerciale :

  • Première révolution industrielle (à partir de 1700) :
    la machine à vapeur (locomotives et bateaux à vapeur), éclairage au gaz puis à l’électricité, les métiers à tisser mécaniques (coton), le chronomètre de navire (pour développer les voies maritimes commerciales), etc.
  • Deuxième révolution industrielle (à partir de 1900) :
    les moteurs électriques (électrification des usines), les lampes à incandescence, le pétrole puis le plastique, l’automobile (la division du travail mise de l’avant par le taylorisme et le fordisme), etc.

Actuellement, cette structure possède cinq caractéristiques :

  • la propriété privée des leviers de production et d’investissement ;
  • l’appropriation privée des ressources naturelles, matérielles et informationnelles ;
  • la concurrence de la part des consortiums ;
  • l’asservissement de l’État au capital ;
  • l’asservissement de la culture de consommation grâce aux médias de masse.

Parce que cette mondialisation économique a rendu les frontières des structures politiques beaucoup trop poreuses, les grandes entreprises et les banques imposent désormais leurs décisions aux élites politiques. C’est en utilisant les médias de masse, qu’ils financent, que ces consortiums ont tenté d’imposer dans les esprits de tous les citoyens l’idée que le capitalisme était le seul modèle économique en mesure de diriger la planète et qu’ils étaient devenus trop importants pour faire faillite. Ils ont cependant connu leur Waterloo en 2008 et ont dû se faire dépanner par les classes politiques, donc avec l’argent des contribuables.

Aujourd’hui, ce n’est pas tant la structure de marché qu’il faut remplacer, mais une financiarisation qui fait coexister quatre économies : réelle, virtuelle, pirate et mafieuse (voir 8). On commence à peine à remettre en cause son modèle. Celui-ci repose sur le dogme de la primauté de l’individu, c’est pourquoi les médias de masse atomisent le tissu social en des millions de personnes isolées.

La structure médiatique

Son vecteur est l’information. Elle commence à s’organiser, il y a une quarantaine d’années, avec l’émergence d’Internet et du Web et, après une période de transition (2000-2010), la société industrielle bascule vers un autre type de société. Il y a rupture, même si la plupart des gens ne l’admettent pas.

Cette nouvelle structure est sociétale, elle prend forme autour de l’intégration des médias de masse (cinéma, radio puis télévision) avec les médias électroniques via le numérique.

Ce sera une société datacentrique.

(Pierre Lévy, 2013)

Depuis l’an 2000, cette structure se développe autour d’Internet 2, qui y ajoute les appareils mobiles (tablettes et téléphones intelligents, lecteurs à la Kindle). Cet Internet 2 n’est plus un réseau de réseaux informatiques, mais devient LA plateforme de communication pour tous les citoyens de la planète, c’est-à-dire un espace où va se négocier le pouvoir :

252

Pour la première fois de l’histoire, le citoyen peut s’exprimer publiquement dans un espace qui n’est pas contrôlé par le pouvoir politique ou l’économique. (chapitre 3).

Si Gutenberg a fait de nous des lecteurs et Xerox, des éditeurs, Internet va nous convertir en créateur de contenus, donc d’opinions.

Ces trois structures accusent aujourd’hui une fatigue ; comme les pièces d’un moteur usé, elles résistent mal à la grande vitesse où on les fait tourner.

Le modèle tripolaire

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D’après Joseph E. Stiglitz Les trois piliers d’une stratégie de développement réussie sont l’État, les marchés et l’individu (c’est-à-dire les structures politique, économique et médiatique) (2010) :

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Tandis que d’autres auteurs utilisent des mots différents pour décrire la même approche :

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Les mutations

Cette nouvelle structure politico-économico-médiatique est le théâtre de nombreuses mutations :

Mutations des éléments de base servant au développement :

Structure politique : les droits des citoyens ;
Structure économique : les marchés ;
Structure médiatique : l’information.

Apparition de nouveaux outils capables de gérer les mutations :

Structure politique : la prise de parole citoyenne ;
Structure économique : un modèle de proximité ;
Structure médiatique : une place publique planétaire.

Les batailles qui commencent (schéma 2) :

Structure politique : la culture et la langue ;
Structure économique : les territoires et les marchés ;
Structure médiatique : la crédibilité des contenus.

Les éléments qui ont provoqué la rupture

Une analyse de certains événements historiques, durant les années 2000-2010, peut nous faire comprendre la transition que nous vivons :

  • 1998 Universalisation du Web : les ordinateurs se banalisent, le courrier électronique explose (2000) et une deuxième génération de communautés d’échange d’information en ligne (première génération : The Well – Sausalito, 1985) fait son apparition. Désormais, on fabrique plus d’écrans d’ordinateur que de téléviseurs (2000). On observe l’émergence du cyberespace, où un citoyen peut échanger des contenus sans utiliser les réseaux gouvernementaux.
  • 1999 Premier grand mouvement de protestation contre la mondialisation (Seattle). Il s’ensuit l’apparition du « Forum social mondial » (Porto Alegre, 2001) en réaction aux réunions de Davos (qui réunissent l’élite politique et économique de la planète depuis 1971). On constate un refus d’un modèle unique de société qui serait américain. La confiance des gouvernés envers leurs gouvernants commence à diminuer. Parallèlement, la société civile gagne une reconnaissance comme acteur social vis-à-vis les classes politiques et économiques (Tunis, 2005) et on voit apparaître les « Forums sociaux mondiaux » (2001). Nous nous dirigeons vers le printemps arabe (2010) et érable (2012), ainsi que l’apparition des indignés et du mouvement Occupy Wall Street (2011), etc.
  • 2000 La bulle dot.com éclate, puis s’ajoutent les nombreux scandales financiers (Enron en 2001, WorldCom en 2002, etc.) ; tout ceci ébranle la confiance des investisseurs, surtout les petits. Les algorithmes de financiarisation sont inventés (2004) ; tout le système économique est bientôt ébranlé, obligeant les instances politiques à dépanner les grands consortiums avec l’argent des citoyens (crise des subprimes en 2008). Le G20 remplace alors le G8, qui s’avère incapable de répondre aux crises qui s’annoncent (2008).
  • 2001 Création de Wikipédia ; les encyclopédies en ligne remplacent rapidement les encyclopédies papier. Dorénavant, les gens vont chercher leurs informations via les réseaux, surtout à partir de l’arrivée de Google (1998). On observe l’apparition des écritures collaboratives puis des blogues (2003). Le phénomène du pair-à-pair (2005) prend de l’ampleur, puis les prises de parole citoyennes et de Wirearchy comme principe d’organisation (Husband, 2000).
  • 2001 Explosions des appareils mobiles : iPod, iPhone (2007) et iPad (2009), qui facilitent l’accès à des millions d’utilisateurs jusqu’alors rebutés par les claviers. Dorénavant, l’Internet cesse d’être un média public d’information pour devenir un média d’intervention et se transforme en un outil sociopolitique.
  • 2001 Les technologies GPS et Wi-Fi (2000), combinées avec l’explosion des appareils mobiles, imposent aux producteurs une approche multiplateforme (ISO4 de Apple, 2009) et créent une nouvelle génération d’applications dédiées aux niches (iTunes, 2001). C’est l’arrivée des premiers téléconsommateurs (Amazon et eBay, 1996). Cette valeur ajoutée propulse l’économie numérique vers de nouveaux sommets et fait oublier les problèmes de financiarisation liés au modèle néolibéral.
  • 2003 My Space, Facebook (2004), YouTube (2005) et Twitter (2006) créent de nouvelles communautés d’échanges de contenus ; les réseaux sociaux prennent forme. La Net generation, c’est-à-dire les Digital natives, s’ajoute de plus en plus aux utilisateurs déjà en place.
  • 2001 Les attentats terroristes du 11 septembre à New York révèlent la vulnérabilité numérique des États-Unis. Ses dirigeants développent alors une nouvelle génération technologique qui sacrifie le droit à la vie privée des citoyens sur l’autel de la sécurité de l’État (Patriot Act, 2001). Ils passent ensuite à l’offensive en espionnant tout le monde, y compris les pays alliés (NSA, 2013). En réaction surgissent WikiLeaks et les dénonciations de MM. Bradley Manning et Edward Snowden (2013).
  • 2003 Lors de la guerre d’Irak, le gouvernement américain développe son modèle Battlefield Internet (Pentagone, Donald Rumsfeld, 2003), capable de gérer cette guerre en temps réel en dépit d’une distance de sept fuseaux horaires. Ce modèle sera ensuite mis à la disposition des grands consortiums privés américains, qui l’utilisent pour asseoir leur domination économique.
  • 2002 Les téléphones équipés d’appareils photo, les iPhones (2007), iPad (2009) et autres font émerger une nouvelle écriture médiatique grand public. Cette écriture interactive, qui repose sur l’oralité des classes populaires, est créée pour favoriser une plus grande consommation via la nouvelle génération des appareils mobiles smart.
  • 2004 Google Maps (2004), Flickr (2004), Pinterest (2010), YouTube (2000) et autres, suscitent une utilisation grand public des images et de la cartographie et créent une explosion des images-écrans, au point de générer un Visual Big data.
  • 2006 Les commandes vocales et gestuelles (Wii, 2006), la télévision et les films 3D, les écrans dômes (2011) et 360 degrés, ainsi que les façades médias (2011) donnent au spectateur l’illusion de vivre de plus en plus DANS l’information.
  • 2010 L’info en continu (CNN, 1995) et Netflix (2010), etc. remplacent la location des DVD par la vidéo sur demande où le client peut visionner en rafale ce qu’il désire. La loi de l’offre est remplacée brutalement par celle de la demande ; il y a de moins en moins de rendez-vous hebdomadaires avec l’écran domestique et de plus en plus d’horaires personnalisés. Incapables de trouver un modèle économique adapté à cette nouvelle réalité, les industries classiques du contenu (livres, journaux, musiques, films) sont sérieusement ébranlées.

La culture

Quand on se promène en forêt, on ne réalise pas qu’on ne voit que la moitié de ce système vivant ; l’autre partie, ce sont les racines qui relient les arbres à la terre. Dans la société actuelle, on distingue bien, autour de nous, les êtres vivants qui s’activent, mais on ne réalise pas qu’ils sont reliés par leurs relations culturelles, c’est-à-dire par toutes sortes de connivences qui sont autant de réseaux de communication.

La culture est ce qui distingue un groupe d’êtres humains d’un autre, c’est un moyen de se définir. Cette distinction s’accomplit parce que le groupe exprime ses valeurs par certaines représentations symboliques, écrites, imagées ou sonores.

Lorsqu’il y a un changement de structures, le groupe se dote d’une nouvelle écriture.

La culture est une affaire individuelle qui se passe dans un rapport aux autres ; une affaire de liens, d’affinités, d’appartenance, de complicité et de connivences :

C’est grâce à la culture qu’on fabrique des rêves qui deviennent ensuite des projets politiques, qu’on peut par la suite rentabiliser au niveau économique. Toutes les sociétés fonctionnent d’abord sur des rêves et des idées et, en grande partie, ce sont des dimensions qui proviennent du domaine de la culture.

(Herménégilde Chiasson, Acadie)

Il y a 50 000 ans, lorsque l’être humain a commencé à utiliser sa raison, il a remplacé la sélection naturelle par la culture. La première pensée symbolique est devenue l’une des premières écritures médiatiques connues : Lascaux. : il y a environ 18 000 ans avant J.-C. :

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Si une société est un édifice qui fonctionne grâce à un rêve commun ; c’est sa culture qui lui donne sa cohésion. L’information étant énergie, la culture devient son véhicule, car c’est elle qui permet aux citoyens de se mettre en marche en leur proposant une direction commune. À l’avenir, c’est la diversité culturelle qui sera le joyau le plus précieux de l’humanité.

Si la technologie fait changer la culture, c’est la culture qui fait accepter les nouvelles technologies.

Une société est un savoir, un territoire, une histoire et, surtout, un vouloir. Malheureusement, aujourd’hui, il n’y a plus de vouloir parce que la confiance entre les membres a disparu. Pour qu’un empilement de « Je » devienne un « Nous », il faut pouvoir regarder ensemble vers un horizon commun : vers un plan culturellement accepté par tous les acteurs, ce qui devient impossible s’il n’y a plus de confiance entre les acteurs comme c’est le cas actuellement.

Les élites visent la prochaine élection alors qu’elles devraient penser à la prochaine génération.

(Matthieu Ricard, Plaidoyer pour l’altruisme, 2013)

Les cultures

L’être humain vit dans une société multi étagée : individu, groupes informels, groupes formels et la société (schéma 17). Chaque palier est un environnement organisationnel où la culture et la langue subissent des influences. L’ensemble des paliers permet à la fois la ventilation des informations et la participation citoyenne :

06_paliers

Malheureusement, à cause de l’Internet, la culture actuelle devient une culture de l’instantané parce que les gens saucissonnent tous les contenus en capsules d’à peine quelques minutes. Chez le citoyen, cette fragmentation finit par annuler toute capacité de mise en relation des informations, empêchant souvent leur compréhension. Le citoyen évacue alors le passé en ne misant que sur l’événement actuel et en le diffusant immédiatement sur Internet. Les écrans transforment le citoyen en spectateur et, sa société, en un infospectacle dont chaque élément doit être blogué ou twitté pour exister.

Nous vivons à une époque où le numérique permet aux grands consortiums médiatiques de contourner aisément les législations nationales (chapitre 3). Parce que c’est un espace où nous nous définissons collectivement, on ne peut le laisser à d’autres qui veulent nous dicter ce que nous sommes. La culture pourrait devenir la prochaine victime de la mondialisation voulue par ces grands consortiums, ce qui représenterait un recul pour l’humanité.

Un système complexe

06_Culture

Il arrive même occasionnellement qu’une personne incarne la culture d’un peuple durant un bref moment : aux États-Unis, Martin Luther King (I Have a Dream) ou Johnny Cash (Man in Black) et, au Québec, René Lévesque ou Félix Leclerc.

Notre transition culturelle

Le développement d’une culture ressemble beaucoup à celui de la gastronomie. Les principes de base sont universels, mais son évolution dépend de ses racines locales. La gastronomie est le fruit de la rencontre d’un territoire (terre, air, eau et saisons) qui produit des fruits et des légumes aux goûts particuliers, avec des traditions culinaires locales à partir de cet espace-laboratoire qu’est la cuisine. Comme la culture, la cuisine est un lieu de transmission de savoir, de transmission de mémoire. Or, comme tous les pays industrialisés, la « cuisine » au Québec a tellement changé rapidement en quarante ou cinquante ans qu’on peut parler de transition culturelle accélérée, même d’une rupture :

1950 La rencontre de la communauté sur le perron de l’église paroissiale le dimanche matin, et les catalogues d’achats par correspondance.

1960 La taverne, les grandes salles de danses sociales ou le cinéma de quartier.

1970 La télévision dans le salon familial le dimanche soir.

1980 Les grands infospectacles continentaux (hockey, jeux olympiques ou politiques).

1990 Les données et les courriels échangés par Internet sur les écrans des micro-ordinateurs.

2000 Les images-écrans des réseaux sociaux sur les smartphones et les tablettes.

Collectivement, nous sommes passés rapidement d’une cuisine très locale au cyberespace, de recettes particulières à des spectacles planétaires américanisés, d’une réception en petit groupe à des médias de masse, etc.

À l’avenir, quel type d’échanges intergénérationnels existera entre ceux qui ont plus de 70 ans (qui sont enracinés dans un certain passé) et ceux qui ont 20 ans (qui n’envisagent qu’un avenir immédiat sans aucune racine) ? S’il y a rupture, sur quel type de culture pourrons-nous bâtir l’avenir ? D’autant que ce futur sera influencé par l’utilisation des nouvelles écritures médiatiques qui vont changer encore une fois la situation.

Dans le cas du Québec, la transition observée a pour nom la Révolution tranquille, durant laquelle l’ancienne identité « canadienne » s’est métamorphosée de « canadienne-française » à « québécoise ».

Une vision du Québec actuel :

Arbre-6

Cet arbre vit grâce à la circulation de la « sève », c’est-à-dire, dans le cas d’une société de la connaissance, de « l’information », d’une information qui prend la forme d’une nouvelle écriture médiatique.

Une société n’est pas la superposition de 100 cultures qui tentent de s’accommoder. Ce qui fait progresser une société, c’est l’intégration des différences enrichissantes à un tronc éthique commun solide.

(Henri Lamoureux)

Le grand changement

Complètement anesthésié par sa vision quotidienne de la vie, le citoyen ne distingue pas l’ampleur des mutations en cours d’ici 2020. Non seulement la structure technique bascule actuellement d’un média de masse vers une place publique planétaire et la structure économique, d’un cul-de-sac capitaliste vers on ne sait quel nouveau modèle ; à l’avenir, c’est la structure sociétale, donc la culture, qui va connaître le changement le plus profond :

250

Si on cesse d’analyser notre société en fonction de l’informatique et qu’on analyse plutôt la situation en fonction de l’information, on comprend mieux les différentes phases du changement par cette lecture comparée  :

Durant l’Internet 1 et le Web 1.0 (les données) :
  1. La théorie de la communication : les médias de masse (c’est-à-dire un broadcasting).
  2. La littératie : informatique et télécommunication.
Durant l’Internet 2 et le Web 2.0 (les informations) :
  1. La théorie de la communication : Two Step Flow of Communication (un pointcasting de pair à pair).
  2. La littératie : médiatisation et interprétation des contenus sur des multi plateformes.
Durant l’Internet 3 et le Web 3.0 (2020 ?) (les connaissances) :
  1. La théorie de la communication : The Multi Step Flow of Communication (un narrowcasting entre les groupes et les niches) ; c’est-à-dire une communication multiétagée (local-régional-national et individu-groupe-État).
  2. La littératie : idéatique et nouvelle écriture médiatique.

Les forces de changement

Pour tous les habitants de la planète, la culture est récemment devenue un champ de bataille où s’affrontent des forces de changement et des forces de résistance :

Culturr-6-1

Ce sont les effets de la désindustrialisation qui ont causé le Brexit, l’élection de D. Trump, etc. C’est ce qui explique pourquoi nous vivons dans un monde bloqué.

Aujourd’hui, le courant de personnalisation (au centre du schéma) nous bombarde d’images-écrans qui nous disent comment être ou comment réussir dans la vie. Le citoyen est soumis à une pression incroyable centrée sur son « Je ».

La morosité ambiante commence à faire émerger diverses colères partout à travers la planète. Ces colères utilisent de plus en plus de tactiques d’actions directes contre un gouvernement figé dans sa peur de l’opinion publique. S’il continue dans cette veine, des mouvements de désobéissance civile apparaîtront et, si cette colère est poussée à bout, différentes formes d’anarchisme verront le jour.

Rien n’est écrit… mais la marmite bout.

Comme on le voit dans le schéma qui suit, les forces de changement de la société de la connaissance sont animées par une spirale qui fait progresser la nouvelle société parce que l’information est opinion qui devient énergie (schéma 19). C’est grâce au traitement des informations que ces forces pourront servir à développer un plan de société, donc à offrir aux citoyens des rêves communs qui pourraient se traduire par un contrat social (voir le chapitre 9) : 06_Dynamisme

Le deuxième schéma offre une valeur économique pour chaque élément intangible du précédent schéma, c’est-à-dire qu’il décrit les activités qui pourraient dynamiser la Net economy en créant de nouveaux types d’emplois et même d’entreprises (c’est le ROI : Return On Investment). Ce sont ces nouveaux points de repère qui sont les sujets de ce chapitre : 241

Quel sera le coût s’il n’y a pas de plan ?
(Un pays vassalisé économiquement et culturellement ?)

Les mutations sont plus profondes qu’on ne le pense parce qu’elles sont créées par une courbe exponentielle de la population qui n’est apparue que récemment. En l’an un, 250 millions d’êtres humains habitaient la planète ; en 1800, c’était 1 milliard et, 213 ans plus tard, c’est plus de 7 milliards. Certains auteurs ont même décrit cette courbe comme étant une maudite exponentielle (Alfred Sauvy, Croissance, 1973) :

Courbe-6

Cette courbe impose plusieurs mutations :

244
Les composantes électroniques

Selon une étude (IBM, 2010), le nombre de composantes électroniques dans le monde connaîtra quatre bonds exponentiels :

  • Les ordinateurs : ils en contiendraient
    plus de 300 000 en ce moment.
  • Les téléphones et tablettes portables : ces appareils sont en train de doubler ce nombre.
  • Les capteurs intelligents ou systèmes embarqués (objets, senseurs et robots de 3e génération) : on en comptera seront bientôt 100 milliards.
  • Les circuits radio (RFID) : ils seront un jour mille milliards (avec l’Internet 3).

La révolution ne sera donc pas informatique, mais plutôt électronique.

245

La communication

  • La loi de Sarnoff (n+n) :
    les publics de la télévision s’additionnent au fur et à mesure qu’on ajoute des canaux ou des chaînes.
  • La loi de Moore (nx2) :
    Le traitement informatique des données est multiplié tous les 18 ou 24 mois.
  • La loi de Metcalfe (n2) :
    Les réseaux se développent au cube du nombre de leurs utilisateurs.

243

Les paradigmes (ou passages)

1960 La révolution informatique : les gens découvrent la puissance du calcul.
1980 La révolution micro-informatique : les gens découvrent le multimédia à partir du bureau et de la maison.
1990 La révolution Internet : les gens découvrent la communication en réseau planétaire.
2005 Le Cloud : les gens commencent à découvrir les villes intelligentes.

À chaque bond, il y a plus d’informations et une nouvelle complexité sociétale qui exige une plus grande fluidité du cerveau chez le citoyen (Human enhancement).

246

Les internautes

Ils sont 2.4 milliards aujourd’hui (23 % de la population mondiale).

Ils seront peut-être 5 milliards dans 8 ou 10 ans (66%) ?

Passé le seuil de 33 %, la société ne sera plus la même : démocratie, économie et culture seront en profonde mutation (2020 ?).

Les passages

Tout ceci permet de développer des hypothèses sur ce que fut l’avant et sur ce qui pourrait devenir l’après :

passag-6-1-1

De la Galaxie Gutenberg à la Galaxie Marconi.
(Marshall McLuhan, 1962)

Un autre passage important vient d’être identifié : celui des sociétés fermées devenant ouvertes : La grande division du 21e siècle n’est pas entre le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest (les États-Unis et la Chine) ou dans les religions, mais entre les sociétés ouvertes et fermées (Hillary Clinton, 2012). L’avenir sera au OpenGouv, à l’Open Economy et l’Open Society. Certains passages auxquels nous assistons annoncent cette mutation :

passag-6-2-1

De tout temps, la société a voulu prévoir l’avenir : shamans, devins, mages, prophètes et, plus récemment, plusieurs Think tanks (voir la liste dans la page d’accueil).

Après 2030, 2020 ?

Parmi tous ces groupes de prospectives, le Club de Rome offre une impressionnante continuité de réflexion. Son rapport Halte à la croissance ? (1972) présentait plusieurs hypothèses inquiétantes ; aujourd’hui, quarante ans après, un autre rapport produit avec le même modèle de simulation, mais modernisé (World3), supporte encore les mêmes hypothèses.

247

Le schéma ci-dessus, présenté dans un rapport du Smithsonian Institute (2012), confirme le futur inquiétant déjà diagnostiqué en 1972. Il y a 40 ans, les dirigeants mondiaux n’avaient pas aimé le premier rapport parce qu’ils le trouvait trop catastrophique, notamment parce que celui-ci impliquait trop de remises en question ; qu’en est-il aujourd’hui ?

Si on ne fait rien, les années 2030 feraient imploser notre civilisation. Plusieurs considèrent la date de 2020 comme étant plus probable, surtout si rien n’est fait pour renverser la tendance. (Voir le parallèle entre ce courant de pensée et celui de la 6e extinction).

The World is on track for disaster (Smithsonian Institute, 2012). 248

Les passages

Poussé par l’histoire, l’Occident a vécu plusieurs grands bonds qui ont permis au citoyen d’apprivoiser de nouveaux environnements et de nouvelles idées : 238

Plusieurs auteurs ont ainsi décrit les trois derniers bonds :

239

La transition

(Aussi appelée la rupture, le grand basculement et Techtonic power shifts par certains auteurs).

La société de la connaissance commence à émerger durant cette période de transition que nous vivons depuis l’an 2000, du moins en Amérique du Nord. Autrefois, les médias de masse nous avaient habitués à penser que le commerce et l’industrie étaient les bases de notre société, que la création d’emplois devait être l’objectif principal et que, actuellement, nous vivons une récession économique. Tout cela était biaisé. De tout temps, la société a plutôt reposé sur le rêve partagé par l’ensemble de ses citoyens et a fonctionné via un système d’échanges d’informations entre ceux-ci (l’imprimerie, la télévision et l’Internet, par exemple).

Autre passages :   022

Actuellement, nous ne vivons pas une récession économique, mais plutôt une réorganisation d’ordre culturel qui exige de la part de tous les citoyens et de leurs dirigeants d’importants changements de comportements. Nous sommes de moins en moins une société de classes ou de marchés à la Adam Smith ou Karl Marx, nous devenons autres.

Si la société industrielle produisait des objets, la nouvelle société de la connaissance va surtout créer des relations entre les citoyens.

La confiance entre gouvernants et gouvernés a récemment fondu ; il n’y a plus de rêve commun. Notre horizon est bloqué ; la morosité a mis la société industrielle à genoux. C’est même un blasphème dans certains milieux que de vouloir remplacer le modèle néolibéral actuel : 240

Les prochains « Maîtres du monde »

Les Maîtres du monde, allusion au livre du même titre (voir dans la bibliographie), sont des consortiums économiques qui essaient d’imposer leurs décisions à l’ensemble de la planète afin d’amasser le plus de profits possible. Les deux cents plus puissants consortiums contrôlent aujourd’hui plus de 23 % du commerce mondial. Ils obéissent au principe de massification, c’est-à-dire à la loi de la maximalisation des profits (Chapitre 3 : Les forces en présence).

Récemment, ils ont réussi à supplanter le pouvoir de la classe politique grâce aux stratégies de mondialisation qui furent lancées par le G7, en 1995, lorsque tous les pays industriels furent invités à utiliser le même protocole, l’Internet, pour accélérer les échanges économiques. Le grand rêve était de créer une planète sans contrôle douanier ; un marché unique dans vingt ans (en 2015). Ce réseau fut réalisé grâce à une série de déréglementations organisées par les États qui n’y voyaient que de nouveaux emplois pour leur économie nationale. C’est alors que ces consortiums se sont arrogés le pouvoir de régenter toute la planète. Le dernier soubresaut de cette offensive fut la création des algorithmes de financiarisation, vers l’an 2000, qui ont éventuellement précipité la planète dans le cul-de-sac financier de 2008. Cette offensive pour le contrôle de la planète s’est déroulée en plusieurs étapes :

  • Lors de la deuxième révolution industrielle, en 1900, une première offensive eut lieu grâce à la rencontre du capital et des énergies du temps. Elle fait apparaître les grands manufacturiers qui, d’une guerre à l’autre, vont éventuellement devenir les grands empires militaro-industriels (Les industries Krupp en Allemagne et le Groupe Renault en France, par exemple).

    Les armes des consortiums de cette période sont la colonisation, c’est-à-dire l’européanisation de l’Afrique et de l’Asie, puis la guerre 1914-18 et sa suite en 1939-45.

  • Puis, les grandes banques prennent le relais au point de penser qu’elles sont devenues trop importantes pour faire faillite (Lehman-Brother et Merrill Lynch en 2008, par exemple).

    Les armes d’alors sont le recours aux fusions forcées, aux offres d’achat hostiles, au dumping, à la corruption et au démantèlement du secteur public. Puis, avec la mondialisation, la mise sur pied de l’OMC, du FMI et de la BM. La mise en tutelle des parlements a affaibli la capacité normative des États ; ce système économique mondial peut-il aujourd’hui décider du sort de la planète ?

  • À partir de 1950 et, surtout, de 1995, les grands consortiums industriels investissent dans les médias de masse afin de contrôler les espaces publics planétaires, c’est-à-dire rejoindre et manipuler la pensée de tous les citoyens pour les convertir en consommateurs. Apparaît alors le rêve d’un Nouvel ordre mondial.

    Leurs armes sont la mondialisation grâce à l’Internet et l’américanisation de ce qui devient le système-monde. La force de frappe américaine (armes, idéologies et médias) protège dorénavant les oligarchies qui deviennent, de facto, la « main invisible » qui régularise un marché mondial intégré. (Voir le Consensus de Washington).

    237

  • Puis, en 2007, avec l’apparition des appareils sans claviers, des réseaux sociaux et des algorithmes de financiarisation, les gens prennent la parole et commencent à remettre en question le contrôle du politique par la classe économique. Une nouvelle forme de guerre mondiale, politico-économique cette fois-ci, naît (voir le pourquoi au début de ce chapitre). Le choix d’un modèle de société commence à se poser.
Les Maîtres du monde à venir

Les prochains Maîtres du Monde pourraient bien être les grands consortiums internationaux de services qui s’organisent actuellement (chapitre 3 : voir le Big four). Ils sont différents de leurs prédécesseurs, parce qu’ils sont préoccupés à la fois par les aspects matériels (réseaux et systèmes), les contenus (production multi plateformes et droits d’auteurs) et les applications (interfaces, ergonomie et langue). Ces consortiums développent des services à la carte, c’est-à-dire orientés clients.

Empires-A-6-1

Les Empires de services

Ci-dessous, voici un tableau des ventes mondiales des objets smart offrant des services à la carte en 2013. Les objets à venir sont ceux de l’Internet des objets que les consortiums annoncent. Les objets portables sont les lunettes, les montres, les vêtements smart (wearable), etc. La smart télévision est créée par l’ajout de Netflix, de iTunes, de Facebook, etc., au poste de cinéma-maison.

Empires-B-6-1

Ce schéma est inspiré par les travaux du groupe américain Business Intelligence (voir la bibliographie).

Ce sont néanmoins des empires aux pieds d’argile, car ils sont à la merci du comportement de leurs usagers. Il est même audacieux de parier sur leur survie à long terme quand on pense à la dégringolade de Kodak, qui était pourtant The World Record Keeper il y a à peine quelques décennies. Voir aussi la lente descente des consortiums Microsoft, IBM et Bell, etc.

Quel est notre avenir, avec Google ?

C’est un Nouveau Monde qui se met en place. Il est dominé actuellement par les Big Four de l’information : Google, Apple, Amazon et Facebook (chapitre 1). C’est un monde aux contours flous à cause des secrets industriels dont ces grandes entreprises s’entourent.

On ne réalise guère que nous venons d’assister, en 40 ans, à l’émergence de superpuissances comme on ne l’avait jamais vu auparavant dans toute notre histoire. Nous sommes dépendants de leurs écrans pour communiquer, transiger, apprendre et même rêver. Notre patrimoine culturel, comme les livres, les images et la musique, est emmagasiné chez eux et semble leur appartenir désormais.

Est-ce que nous sommes en train d’échanger les classes politiques et économiques qui nous ont dominés dans le passé pour cette nouvelle élite qui semble vouloir s’approprier tous les outils nécessaires à notre développement futur ?

Pourquoi en sommes-nous rendus là ?

La situation a commencé à se développer à partir des années 1980. À l’origine, il y avait de très petites compagnies, nées dans des garages de la Côte ouest américaine, qui voulaient répondre aux besoins de quelques usagers locaux. C’étaient des jeunes anticonformistes qui rêvaient du jour où il y aurait un ordinateur dans chaque maison. Sans le savoir, ils ont envahi un nouvel espace social qui était complètement inoccupé.

La règle du premier arrivé a joué en leur faveur. En effet, les premières entreprises qui plantent leur drapeau sur un territoire donné sont toujours adoptées par les premiers utilisateurs (early adaptors). C’est la prime au premier entrant (Apple et Microsoft, par exemple), la philosophie du Winners Take All !

Cette nouvelle culture, en parallèle avec celle des Beatniks et des Flower people du temps, était en rébellion contre les autorités de l’époque. Leur moto était Empowering the People (voir la récente bibliographie de Steve Jobs).

Parce que les élites politiques étaient des analphabètes numériques, elles n’ont pas protégé ces nouveaux espaces publics et privés où se développait cette nouvelle force virale qu’est le numérique. Sans points de repère pour indiquer les changements fondamentaux en développement, aucune loi n’est venue encadrer ces forces inconnues pour protéger les citoyens contre des abus éventuels.

Conséquences actuelles

  • Ces consortiums sont devenus plus puissants que la plupart des États actuels. Si Facebook était un pays, il serait le troisième pays en importance au monde :
    232
  • Ces consortiums sont devenus des monopoles qui décident unilatéralement d’actions qui mettent en danger la vie économique ou sociale des pays. Jamais, dans toute l’histoire de l’humanité, n’a-t-on colligé autant d’informations personnelles sur les citoyens.
  • En fait, ces entreprises d’information sont devenues des entreprises de services qui deviennent le fondement de notre nouvelle société (santé, éducation et culture) et de notre économie (Net economy).

Notre Nouveau Monde est confronté à plusieurs révolutions inconnues à ce jour et les autorités en place n’en ont même pas conscience. Quant au citoyen, on lui offre un monde où le moteur de recherche pourra penser à sa place.

Voici le Google Brain vers 2020 (schéma incomplet) :
233

Au début, la démarche a commencé par une utopie : la conquête numérique de toute la planète (voir ci-dessous). Puis, des sociétés industrielles, on est passé aux environnements de proximité (la ville intelligente, récemment), pour vouloir mettre éventuellement en réseau les objets personnels (l’Internet 3) :

06_transition

La vraie utopie est la création de systèmes de communication numérique capables de penser comme le cerveau d’un être humain (voir le projet BRAIN, chapitre 2).

Exemple de l’univers de Google

Cette entreprise est responsable de 7 % du trafic mondial sur Internet. Elle s’est donnée pour mission d’organiser l’information à l’échelle mondiale et de la rendre universellement accessible et utile. C’est :

  • 50 000 employés à travers le monde ;
  • 60 milliards $ de revenus en 2013 (un profit de 14 milliards $) ;
  • une capitalisation de 300 milliards $ ;
  • 32 milliards de documents indexés, etc.

Google Searches Today

    Capture d’écran 2014-09-24 à 10.56.41

 

C’est la plus grande agence publicitaire au monde, combinant le plus important moteur de recherche (PageRank) avec la plus importante plateforme vidéo (YouTube), le plus important serveur de courriels (Gmail) et le plus important système mobile (Android). Ses services et produits sont :

Google Maps Google Apps Chrome
Google Earth Google Glass AdSense
Google Analytics Google Books AdWord
Google Translate Google Fiber Knowledge Graph. etc.

En outre, cette entreprise possède plusieurs labs : un projet de turbine éolienne (Makami), de télécommunication (Loon et drone solaire), d’écouteur (avec Motorola), de robocar, d’Internet 3, etc.

Voici une carte 3D illustrant les milliers de sites connectés à Google (situé au centre de cette carte) à un moment donné (Wikimédia) :  234

À ce jour, Google a fait l’objet de nombreuses poursuites pour non-respect des droits d’auteurs, de copies d’ouvrage sans l’autorisation des éditeurs, de contrefaçon, de débauchage d’employés, de monopole abusif, etc. Google répond alors que ce n’est pas de sa faute : Vous utilisez notre moteur de recherche qui est un algorithme statistique, donc automatique et objectif !

Voici l’algorithme de Google :

235

Si l’empire Google continue sur sa lancée actuellelle, il pourrait devenir un carrefour de la pensée humaine. Car il pourrait éventuellement posséder une grille de lecture de la pensée des gens. Est-ce souhaitable économiquement et culturellement ? D’ailleurs, est-ce souhaitable que Google devienne la seule porte d’entrée à la connaissance ?Des entreprises très différentes

Les entreprises industrielles vendent surtout de produits manufacturés en usine via des marchés organisés à partir d’un territoire bien délimité, tandis que les nouvelles entreprises d’information vendent des produits à partir du cyberespace. La grande différence entre le B2B, B2C et C2C et la Net Economy est que celle-ci peut offrir au public des services gratuits tout en récoltant des revenus faramineux. Ces revenus d’un nouveau genre sont automatiques, donc difficiles à observer, car ils sont liés au faux mythe de la gratuité du Web :

  • vente de mots-clés publicitaires (Adwords) ;
  • vente de liens commandités ;
  • publicité en ligne (bannières) ;
  • espaces de stockage et de services Cloud ;
  • revente de données marketing ;
  • applications ;
  • tactiques d’évasion fiscale, etc.

De plus, ces entreprises imposent aux usagers un modèle de contribution volontaire et offrent, depuis peu, un modèle de surveillance (voir ci-dessous).

Il faut comprendre que, dans ce nouvel univers marqué par la personnalisation, elles peuvent casser les prix au point où il ne reste que quelques sous de bénéfices, mais ceux-ci sont maintenant multipliés par des centaines de millions d’usagers.

Ces entreprises ignorent certaines règles gouvernementales (douane, impôt, etc.), car elles ne répondent qu’à leur conseil d’administration ou aux pressions de la Bourse. Ce sont des entreprises cachotières, qui ne révèlent jamais leurs démarches (secret professionnel !) et qui ne carburent qu’aux bénéfices afin de plaire à leurs seuls patrons : les investisseurs.

Le modèle de contribution volontaire

L’usager des réseaux sociaux fournit, à ses frais, des informations sur lui-même sans lesquelles il ne peut utiliser le produit. En outre, les promoteurs lui demandent aussi de fournir des photos et des vidéos, libres de droits. Par la suite, ils l’invitent à solliciter lui-même ses « amis », sous prétexte de commenter leurs contenus et profils. Il s’agit d’une économie de la contribution  déguisée. En 2011, Facebook a ainsi récolté 3,7 milliards $ en publicité.

Ils vampirisent nos vies pour les revendre aux annonceurs.

(Electronic Privacy Information Center)

Le modèle de surveillance

Aux États-Unis, une économie de la surveillance s’est mise en place suite à la guerre irakienne : interception ou brouillage des communications, lecture des courriels personnels, renseignement, monitorage (chapitre 6). Elle voit le jour grâce au développement de technologies de renseignement personnel de masse ; elle est la suite du Battlefield Internet mis en place lors de l’invasion de l’Irak (Rumsfeld, 2009). Depuis les attaques terroristes de 2001, ces technologies prolifèrent au fur et à mesure que les règlements concernant la protection de la vie civile s’amenuisent (Patriot Act). Cette surveillance de masse traite chaque citoyen comme un suspect et remet en cause la présomption d’innocence. Ce modèle fonctionne à partir de la terreur que les médias de masse font régner à propos du terrorisme, peur qui en a remplacé une autre, plus vieille : celle du communisme durant la guerre froide des années 60. C’est cette terreur qui fait que beaucoup de citoyens permettent aujourd’hui à l’État de troquer une partie de leur vie privée en échange de plus de sécurité (chapitre 3).

236

Une société de l’information

Une société de la connaissance est une société où l’information est efficace dans l’action (schéma 5). C’est une société dont le socle (le building block) est l’information numérisée.

C’est une société basée sur l’information, ce qui augmente considérablement le pouvoir décisionnel de ses membres.

Daniel Bell

Contrairement à la société industrielle qui possède deux dimensions, l’espace et le temps, la société de la connaissance possède trois dimensions : l’espace, le temps et l’information. C’est comme si nous ajoutions aux dimensions X et Y la dimension Z ; celle de la direction.

Dès le début de son évolution il y a 40 000 ans, l’être humain « moderne » a toujours cherché à apprivoiser les dimensions de son univers, aujourd’hui :

  • exploration du temps : les cycles védiques, mayas, zodiacaux, etc.
  • exploration de l’espace : les routes de la soie, des épices, du thé, etc.
  • exploration de l’information : les moteurs de recherche, les algorithmes, les logiciels de simulations, etc.
L’espace et le temps sont en mutation :

mutation_espace_temps

C’est ainsi que se complète peu à peu la pyramide de la hiérarchie des besoins :

maslow_123

La pyramide d’Abraham Maslow (1943) :

maslow_pyramide

Quant à l’information, celle-ci va se mutualiser à l’avenir, c’est-à-dire faire l’objet d’échanges entre les citoyens, faire l’objet de mutaalisation. Les balbutiements de cette société basée sur l’information apparaissent avec la Théorie mathématique de l’information de Claude Shannon (1949) et l’invention du transistor par Robert Noyce (1958). Viennent ensuite l’information en continu avec CNN (1980), la création du Web (1989), l’acceptation d’un protocole commun de communication
planétaire, l’Internet (1995), et l’opinion en continu avec les réseaux sociaux (2004).

First they told me what I could search
Then they told me what I could say
Not before long they told me what I could do
In the end they told me what I could think

C’est une société aux prises avec cinq crises, mais aussi avec cinq outils :

230

En grec, le mot crise renvoie à l’idée d’un moment de transition où « l’on doit se décider ».

En résumé, nous abordons une société I3, c’est-à-dire qui sera plus Interactive, Intuitive et Immersive :

I3

3changment-6

Tous nos systèmes, politiques, économiques et sociaux, sont aujourd’hui soumis à un tel processus de fragmentation que toute réponse globale semble impossible. Face aux crises qui s’annoncent, les citoyens veulent des solutions inclusives, c’est-à-dire une participation aux décisions.

Une carte des évolutions en cours, par Ross Dawson du Future Exploration Network.

Capture d’écran 2014-09-24 à 11.21.45

Les outils derrière les bonds

Tout au long de l’histoire, notre société a progressé par bonds. Ce sont eux qui nous ont obligés à innover, c’est-à-dire à nous adapter aux mutations en cours en exigeant que tous les citoyens changent de comportements.

Les forces de la nature

Les forces de la nature comme le soleil, l’eau et le vent sont des énergies que nos ancêtres durent domestiquer grâce à certains outils :

Outils-A-6

L’univers des ressources matérielles

De tout temps, lorsque des ressources étaient rares, la soie et les épices par exemple, des outils furent développés pour les rendre accessibles à des masses de consommateurs. Ainsi nos mécanismes de production et nos réseaux économiques se sont-ils massifiés à travers l’histoire :

Outils-B-6

L’univers des idées

Lorsqu’une société piétine parce que son modèle est devenu désuet, comme c’est le cas présentement. Certains outils nous offrent une nouvelle perception du monde :

Outils-C-6