La culture de l'image-écran

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La multiplication des images-écran

On connaît fort peu cette culture de l’image-écran parce qu’elle est trop nouvelle. Il faut comparer l’évolution de la vidéo en streaming, les effets spéciaux en cinéma, le multifenêtrage, le remix et le mash-up, l’utilisation simultanée d’un deuxième écran, de la haute définition, des techniques de pseudo-couleur, de l’infrarouge ou de l’IRM, de l’impact de l’utilisation grand public des cartes géographiques à partir de Google Map, etc. En 2012, il s’est vendu, à travers le monde, 1 milliard de téléphones équipés de caméras. Est-ce que cela veut dire qu’il y a eu une production-diffusion de 1000 milliards d’images cette année-là ?

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Ainsi, un jeune Américain vit aujourd’hui en mode multitâche avec ses « amis » via l’écran YouTube durant 40 % de son temps, avec l’écran de la télévision, 10%, avec celui de son iPhone, 25 % et de son Xbox, 15 %, en plus du bruit ambiant de l’infospectacle et tout en rédigeant ses devoirs dans les 10 % du temps restant. Qu’en sera-t-il demain ?

De l’étude de l’infiniment grand à celle de l’infiniment petit, c’est-à-dire de l’emploi du télescope au microscope, toutes les recherches scientifiques et leurs applications militaires génèrent des milliards d’images-écrans. En fait, il faudrait plutôt parler d’un Visual Big data parce que, actuellement, plus de 60 % de la bande passante du trafic Web sert à véhiculer des images, contre seulement 25 % pour l’échange de fichiers et 15 % pour le data.

Comme le décrit le schéma ci- dessous, c’est le passage du traitement des données à celui des textes, puis aux images statiques, aux images vidéo, etc., (voir ci-dessous) qui créé le Visual Big data. On retrouve dans le schéma la même courbe (verte) exponentielle qu’on a vu apparaître dès le premier chapitre :

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La récente explosion

Autrefois, les images étaient rares. Avec la multiplication des machines à communiquer de moins en moins coûteuses, elles envahissent maintenant tous nos environnements privés et publics, posant même d’énormes défis d’accessibilité. Par exemple, plus 200 000 images sont téléversées chaque minute sur Facebook. Voir aussi l’utilisation de Twitter, Instagram, Vine, Pinterest, Flickr et Google+.

Le lancement de l’iPhone 6 et du 6X par Apple (septembre 2014) fait progresser d’un bond important la qualité des images-écrans :

  • La technique du Retina HD Display (Photo Aligned IPS Liquid Crystal, etc.) rend les images et les caractères plus contrastés (1920 X 1080 pixels par écran, c’est-à-dire plus de 2 millions de pixels, soit une augmentation de 185%).
  • Le passage d’un affichage vertical vers une présentation latérale (landscape), qui offre automatiquement une nouvelle mise en page avec deux affichages côte à côte.
  • L’utilisation d’un circuit de 64 bits permet un traitement et un affichage 50 fois plus rapide, ainsi que l’utilisation d’éléments graphiques lors de jeux utilisant plus d’un million de polygones.
  • L’emploi d’un coprocesseur (comprenant un compas, un gyroscope, un baromètre, etc.) permet d’évaluer non seulement la distance, la direction et la vitesse, mais maintenant aussi l’élévation.
  • Les nouveaux senseurs (Focus pixels, Noise reduction, Tone mapping, etc.) permettent un meilleur focus et une plus grande stabilisation lors des prises de vue, ainsi qu’une vue panoramique (Wide angle) et même un ralenti (Slow motion).

La direction de Apple pense même que ces images de qualité et leur manipulation vont rendre éventuellement caduques les caméras numérisantes et les Cam coders.  Une tendance apparaît: les phablets (mi-téléphone et mi-tablette).

Dans le futur, les promoteurs seront même prêts à donner des appareils ou des abonnements gratuits pourvu que le citoyen soit connecté, ce qui en dit long sur les aspects économiques qui sont en jeu.

Voici, depuis 500 ans, à quoi ressemble cette explosion :

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Le Visual big data

Lorqu’on analyse les quarante dernières années du schéma précédent, on voit apparaître ce Visual Big data qui impose actuellement une civilisation de l’image-écran plurimédia et, éventuellement, créera des problèmes de largeur de bande et d’espace-mémoire (chapitre 1, no 7).

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Ce domaine d’activités offre beaucoup d’outils de vulgarisation, d’analyse et de planification, même s’ils sont inégaux entre eux. Le type d’information peut même différer selon le court, le moyen ou le long terme :

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Les dernières fonctions sont liées aux choix multiples, à l’élaboration de stratégies de développement durable, en un mot, à l’analyse prévisionnelle (voir plus loin).

Voici un premier exemple de visualisation : dans le grand collisionneur du CERN de Genève, les physiciens ne voient pas les particules, mais seulement leurs traces laissées sur l’écran du détecteur. Ci-dessous, les deux traits bleus au centre de l’image sont les trajectoires de deux électrons :

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Voici un deuxième exemple : les statistiques concernant les populations habitant les grandes villes américaines ne peuvent être véritablement comprises que par une visualisation :

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Des analyses, qui deviennent de plus en plus complexes, ne peuvent être rendues que par des images qui deviennent, elles aussi, de plus en plus complexes, en attendant la prochaine vague de synthèse visuelle (3D et autres) :

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